Libre et Indépendante
Alors que la Grèce ne peut toujours pas emprunter sur les marchés financiers, alors que l’Irlande vient à son tour de connaître un plan de sauvetage in extremis, alors que le Portugal, mais aussi l’Espagne sont dans le collimateur des spéculateurs, la question de la survie à long terme de la monnaie unique se pose véritablement.

On nous avait promis que le fond de garantie mis en place en juin dernier (750 milliards d’euros) rassurerait les marchés et permettrait de calmer la tempête. Force est de constater qu’il n’en est rien. Même l’Espagne et l’Italie voient les taux d’intérêt auxquels ils doivent emprunter s’envoler ! Ainsi, l’Espagne a dernièrement emprunté à 5,55 % soit une très forte hausse sur un an.

On avait promis à nos députés français, lors du vote donnant l’autorisation au gouvernement de participer à ce fond de sauvegarde que la France n’aurait pas à payer et que l’on sauverait l’euro. Il est clair que nous avons commencé à payer pour la Grèce et l’Irlande (demain le Portugal et l’Espagne ?) et il y a de forts risques désormais pour que l’euro explose.

Peut-il en être autrement ? La solution la plus saine et la plus logique (celle que préconise depuis 20 ans notre famille politique) est celle d’une monnaie commune permettant à chaque état de mener sa propre politique budgétaire et monétaire selon ses besoins économiques. A condition de rétablir un strict contrôle des changes et de modifier les parités entre monnaies chaque année selon les différences d’inflation, cette politique serait viable.

Mais bien sûr, ce n’est pas celle qui sera choisie. Nos Européistes voient une autre issue : la création des Etats-Unis d’Europe avec un budget fédéral conséquent (5 % du PIB des Etats au moins) et la création d’euro-obligations permettant aux Etats d’emprunter ensemble ! (c’est beau non ?) : c’est notamment la voie que préconise le Président du FMI et peut-être futur candidat du PS à l’élection présidentielle : DSK.

Malheureusement dans la vraie vie, les rêves deviennent rarement réalité. Le dernier sommet européen vient de le prouver. Ni les Allemands, ni les Français ne veulent d’euro-obligations, l’on n’a pu s’entendre que sur la pérennisation du fond de sauvegarde. Mais rien que pour cela les Allemands ont exigé une révision du traité de Lisbonne dont l’encre est à peine sèche. En fait, le problème de fond est qu’on ne peut avoir une monnaie qu’appuyée sur un Etat. Or, l’Europe ne peut être un Etat car les peuples qui la composent ne le veulent pas et ne l’accepteront pas avec les sacrifices que cela implique.

Car l’euro-obligation, cela signifie que tous les Etats paieront le même taux d’intérêt ! Cela signifie que celui-ci sera une moyenne des taux payés par les pays actuels pondérés du montant de leurs emprunts respectifs : en bon français cela signifie que les Allemands passeront d’un taux de 3,5 % à probablement 5 ou 5,5 % ce qui alourdira considérablement le poids de leur remboursement (cela augmente de 50 % le coût de l’emprunt sur 10 ans). L’on comprend que les Français et les Allemands soient réticents.

Quand à créer un vrai budget fédéral de 5 à 8 % du PIB des Etats la réponse est claire là-aussi puisque les Français, les Allemands et les Anglais demandent au moins le gel à 1% du budget de l’Union Européenne. Car sinon, comment se feront les transferts de compétences des pays vers l’Etat fédéral ? Pour ce prix quelle seront les domaines assumés ? L’éducation, la défense ? Et aussi et surtout comment se feront les transferts des sommes vers les Etats car le but d’un tel budget est de faire payer les Etats les plus riches vers les plus pauvres; la France verse ainsi 0,2 % de son PIB net. Mais dans le scénario proposé les transferts seront beaucoup plus importants. Dans la situation de crise actuelle, l’on voit mal les Français et les Allemands payer pour les Grecs, les Irlandais, les Portugais, les Espagnols et peut-être demain les Italiens.

Alors que va-t-il se passer ?

Tout d’abord, il est clair qu’il sera possible d’aider le Portugal mais difficile d’aider l’Espagne qui compte 40 millions d’habitants et encore plus l’Italie. D’autant que pour assumer leurs engagements, les autres pays devront eux-mêmes emprunter, ce qui fera monter leur endettement et donc les taux d’intérêts.

On arrive à la limite de l’exercice. Et les financiers sont désormais très inquiets de la capacité de remboursement des Etats du fait des politiques de restriction identiques partout car ces dernières vont casser la croissance. L’on en arrive donc aux choses sérieuses : l’euro va probablement éclater tout comme le serpent monétaire européen en 1979, tout comme le système monétaire européen en 1992.

Les pays les plus faibles sortiront en premier : Grèce, Irlande, Portugal suivie de l’Espagne, puis de l’Italie et enfin de la France, car bien sûr notre tour viendra. Alors quels seront les délais ? Concernant la France : il est clair qu’il n’y aura pas de changement avant l’élection présidentielle de 2012. Le nouveau Président sera donc face à un choix ultime : la transformation de l’euro ou la sortie de la zone, comme nos voisins. Quel sera le choix et surtout aurons-nous encore le choix ?

   
                 




  


    
  

    
  


    
  






    

     




      












   

         
     




  






              


  

            























  





            
 
         










     

                  










  

siteupf2010001004.gif bus09_sqdot.gif bus09_sqdot.gif bus09_sqdot.gif bus09_sqdot.gif
LETTRE
MOUVEMENT
CONTACTS
ACCUEIL
ADHERER
Programme
bus09_sqdot.gif
Contact en Région
bus09_sqdot.gif
Activités de l'UPF
bus09_sqdot.gif
Débats de l'UPF
Sites amis
bus09_sqdot.gif

Union Pour la France

Par Christophe Bugeau
Secrétaire général





Peuvent-ils sauver l’Euro ? Le 22/12/10