Libre et Indépendante
Peut-on réindustrialiser la France et recréer des emplois industriels dans notre pays ? C’est un enjeu primordial ! Nous sommes aujourd’hui très dépendants de nos importations pour tous nos biens de consommation courante. A tel point qu’en cas de rupture d’approvisionnement nous serions dans une situation très difficile. Mais c’est avant tout une question majeure pour l’emploi : il s’agit au bas de 2 millions d’emplois industriels.
Un exemple précis : le secteur de la chaussure en quelques chiffres.
Nous avons CONSOMME en France 360 millions de paires de chaussures en 2008.
Nous avons PRODUIT en France 30 millions de paires de chaussures en 2008.
Nous avons IMPORTE en France 390 millions de paires de chaussures en 2008.
Nous avons EXPORTE depuis la France 60 millions de paires de chaussures en 2008.
Premier constat : nous exportons 2 fois plus que nous ne produisons : nous jouons donc les intermédiaires en mettant un jolie étiquette « Made in France » : notre légendaire qualité.
Deuxième constat : la faiblesse de notre production : elle représente désormais un douzième de notre consommation. Nous n’avons plus qu’une industrie marginale.
Troisième constat : si nous avions un équilibre entre les « vraies » exportations (avec des productions faites en France) et les importations, il nous faudrait donc produire 330 millions de paires de plus.
Or, le secteur de la chaussure compte encore 7500 emplois directs pour 30 millions de paires produites. On peut donc en déduire en étant assez réalistes que cela représente donc une perte pour la France d’environ 75 000 emplois.
Or, il est clair que cette situation est valable pour l’ensemble de l’industrie des biens de consommations : le textile-habillement ; les produits ménagers ; les produits HI-FI, communication, informatique ; l’ameublement ; et même désormais l’automobile (les pièces, voire l’assemblage, sont faits en grande partie à l’étranger).
C’est donc un enjeu majeur, pour la France et pour tous les pays européens. Nous devons mettre un terme à l’effondrement de notre tissu industriel. La Chine devenue en 2 décennies l’atelier du monde, doit faire l’objet de mesures de « containment ». La question est : de quelle manière ?
Il est clair que la surévaluation de l’Euro soit être remise en cause, tout comme la sous-évaluation du yuan chinois. La piste de la TVA sociale doit aussi être envisagée, même si elle ne permettrait que de limiter la casse.
Mais le plus important est d’envisager la mise en place de quotas et de droits de douanes élevés. Dans le cas où l’on souhaiterait à tout prix rester dans les limites imposées par l’OMC, l’on peut envisager des mesures « écologiques » telle une taxe au Km par kilo.
Dans tous les cas de figure, il est nécessaire de prendre des mesures rapides afin de réindustrialiser notre pays, ce qui passera aussi par des mesures en faveur des entreprises nécessitant enfin une vraie politique industrielle. Reconstruire notre outil de production sera long et difficile.
C’est une rude tâche qui attend nos futurs gouvernants.
Par Christophe Bugeau
Secrétaire général