Libre et Indépendante
L’annonce par la Banque fédérale américaine (FED) de continuer d’assouplir la politique monétaire du pays ne va pas favoriser les négociations du prochain G20, les pays qui auraient souhaité que la Chine réévalue le Yuan font désormais face à une vraie contre-offensive de la part de Pékin.

Le G20 qui débute jeudi à Séoul devait être l’occasion, non pas de refonder un système monétaire international (ne rêvons pas), mais au moins de mettre sur le tapis certains sujets délicats : les déficits et excédents commerciaux de certains Etats et la sous-évaluation de certaines monnaies, notamment le yuan chinois.

La Chine bénéficiant d’une monnaie 3 ou 4 fois sous-évaluée par rapport à sa valeur réelle, a aujourd’hui des excédents commerciaux énormes avec le reste du monde et devient « l’atelier du monde » comme l’était la Grande-Bretagne au XIXe siècle. Mais Pékin ne veut en aucun cas négocier à ce sujet et fait tout pour bloquer la question.

Le gouvernement chinois vient donc de mettre sur la sellette la relance économique de la FED qui va injecter 600 Milliards de dollars supplémentaire d’ici juin : celle-ci a pour but de favoriser la croissance américaine. Ce qui prouve que la Relance Obama a échoué, avec un taux réel de chômage à 17 %, 42 millions de personnes (13 % de la population) qui bénéficient de l’aide alimentaire, la situation n’est guère brillante.

Mais Pékin considère que cette nouvelle création monétaire met en danger le niveau du dollar, ce qui aurait pour impact catastrophique côté chinois de ruiner les petites économies du pays (plusieurs milliers de milliards de dollars en bons du trésor, sociétés américaines …) et d’autre part de diminuer la capacité de la Chine à exporter ses produits à bas prix vers son principal client.


En effet, une baisse drastique du dollar toucherait fortement la Chine et sa croissance. Pékin en est conscient, qui essaie de se dégager du dollar petit à petit en revendant ses actifs (lentement pour ne pas faire s’écrouler le dollar) et en relançant sa croissance intérieure.

Aussi, afin de détourner l’attention, la Chine a fortement critiqué la décision de Washington. Les critiques proviennent du gouvernement, mais aussi de l’agence de notation chinoise Daqing (la Grande Chine en mandarin). Cette dernière a abaissé la note des Etats-Unis de AA à A+. C’est une grande première, personne n’avait encore osé le faire. Et c’est aussi un signal fort de Pékin : il y a désormais un changement de stratégie de la part de la Chine.

Nous arrivons probablement à la fin d’un cycle : l’époque où la Chine finançait les Etats-Unis afin de continuer à exporter tranquillement vers ces derniers touche à sa fin (on ne peut avoir éternellement un déficit d’un côté et un excédent de l’autre).

La question essentielle est donc de savoir comment va se passer cette transition. Il semble que les choses soient mal engagées et que cela ne se passera pas en douceur par le biais de négociations multilatérales.

Nous risquons donc de voir, comme le craint Pékin, un effondrement du dollar d’ici peu : un excellent moyen pour Washington de tirer un trait sur sa dette extérieure et d’essayer de relancer sa croissance à long terme : une baisse des importations entraînera une réindustrialisation (difficile) des Etats-Unis et une augmentation des exportations aidera bien leur reprise économique. Mais cela se traduira par une période longue et difficile pour le peuple américain.

    
  






    

     



      












   

         
     




  






              


  

            























  





            
 
         










     

                  










  

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Union Pour la France

Par Christophe Bugeau
Secrétaire général





600 Milliards de dollars et une guerre des monnaies Le 10/11/10