Libre et Indépendante
L’administration Obama cherche à relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. Les rencontres bilatérales sous l’égide des Etats-Unis ont débuté entre M. Habas et M. Netanyaou, mais pour quel résultat futur ? L’espoir est encore bien mince dans ce dossier comme pour toutes les négociations précédentes.
Tout d’abord à n’en pas douter, les extrémistes en Israël comme dans les territoires palestiniens, vont chercher à torpiller le processus notamment le Hamas par la reprise des attentats.
Mais le problème principal réside dans l’opinion publique israélienne qui se considère en position de force et ne compte faire que peu de concessions aussi bien sur Jérusalem-Est (officiellement annexé par Israël) que sur les colonies juives de Cisjordanie occupées. De surcroît, les Israéliens ne font pas confiance à un futur gouvernement palestinien pour maintenir l’ordre et assurer la sécurité de la région.
Côté palestinien, la fin de l’implantation de nouvelles colonies (à juste titre) est présentée comme un préalable aux négociations. De même, la fin de la construction du mur de séparation est aussi nécessaire (surtout que ce dernier englobe des territoires palestiniens) selon les négociateurs.
Côté israélien, le problème se pose aussi de la revendication du droit au retour en Israël des descendants des réfugiés chassés lors de la guerre de 1948-49. Ce n’est pas acceptable pour les Israéliens qui répondent à juste titre que les « réfugiés » doivent revenir dans les territoires palestiniens lorsque ceux-ci formeront un Etat.
Quel pourrait être le compromis raisonnable ?
D’une part un véritable Etat palestinien, comprenant la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est. Il faut pour cela que la Cisjordanie soit en un seul tenant (les propositions israéliennes portaient jusqu'à présent sur une Cisjordanie coupée en 2, voire en 3 parties et n’ayant pas de frontières avec la Jordanie).
Il est fortement souhaitable qu’un corridor passant par le territoire israélien (et ne menaçant pas la sécurité de ce dernier car bien délimité et ceinturé) et comprenant une autoroute et voie ferrée, relie la Cisjordanie à Gaza. Cela permettrait de former un Etat palestinien en un seul tenant et relierait le Moyen-Orient avec l’Afrique du Nord. Les pays arabes ne seraient plus séparés par Israël.
La question de Jérusalem et des colonies israéliennes se pose : il faudra sûrement procéder à des rectifications de frontières (compensées par des concessions israéliennes) afin que cet Etat annexe certaines colonies. Pour Jérusalem, un statut mixte peut être envisagé dans le centre ville, la vieille ville Est revenant à la Palestine et les colonies du pourtour étant annexées par Israël.
La paix est certainement possible mais il faudra faire une forte pression sur les deux parties (notamment Israël qui est toujours en position de force). Mais les Américains auront-ils le courage politique de faire ces pressions ? Il est aujourd’hui difficile de le dire. Un embargo des pays occidentaux sur Israël ne sera-t-il pas un jour nécessaire afin de résoudre un conflit qui est la principale pomme de discorde entre Musulmans et occidentaux et qui donne tant de grains à moudre aux Islamistes ?
Par Christophe Bugeau
Secrétaire général