Libre et Indépendante
Les indicateurs mondiaux virent au rouge un peu partout, la reprise dont on nous avait tant parlé fait long feu. Elle n’aura été qu’un maigre sursaut dans le déclenchement d’un processus mondial long et de grande ampleur. Il est désormais clair que les équilibres qui avaient prévalu jusque là sont en train de changer fortement.

Les commentateurs économiques commencent à redevenir pessimistes. Les plans de relance américains et européens n’auront eu que peu d’effet. On le voit bien aux Etats-Unis, l’emploi ne repart part, le nombre de pauvres augmente et les saisies immobilières repartent. Le gigantesque plan de relance d’Obama a échoué. Pouvait-il en être autrement ? Probablement pas, les déséquilibres aux Etats-Unis sont trop profonds.

Mais il en est de même dans le reste du monde. La croissance marque le pas en Europe où les ventes de voitures sont en baisse de 10 % dans de nombreux pays. Le chômage au mieux stagne, voire repart à la hausse.
Et la situation ne vaux guère mieux en Asie. Le Japon s’inquiète à juste titre et a du intervenir pour faire baisser sa monnaie face au Dollar, car la hausse du Yen menace les exportations et la reprise.

Mais la question la plus préoccupante est financière et monétaire. Les Etats développés pourront-ils continuer à financer leurs énormes déficits ? Rien n’est moins sûr. Lors de la dernière réunion entre gouverneurs des banques centrales, M. Bernanke n’a pas caché que les Etats-Unis continueraient à financer leur déficit par création monétaire, quitte à laisser s’effondrer le dollar. Les autres participants, chinois, européens ou japonais sont donc placés devant le fait accompli.

Les Chinois, pour leur part, ont changé de stratégie, leurs achats de bons du trésor américains non seulement sont en train de cesser, mais ils se délestent progressivement de leurs avoirs en dollars, anticipant ainsi une éventuelle baisse de la monnaie américaine.

Les problèmes en Europe et en France s’aggravent de ce côté aussi. Le déficit budgétaire en France en 2010 s’élèvera probablement à 150 Milliards d’Euros, soit 1000 Milliards de Francs. S’il ne représente « que » 8 % du PIB, cela signifie que les impôts ne couvrent que 53 % des dépenses budgétaires de l’Etat et que la France doit donc emprunter pour couvrir 47 % de ses dépenses. Le déficit du Budget est donc de 47 %. Or, la France va devoir aussi emprunter en supplément pour couvrir les « prêts» (probablement les dons) à effectuer à la Grèce.

En effet, les Grecs n’arrivent toujours pas à se financer à un taux raisonnable sur le marché financier car ils sont en concurrence avec trop d’Etat mieux notés qu’eux. Il a donc fallu leur accorder en juin une première tranche de 40 Milliards d’Euros pour se financer et une rallonge est prévue à cette rentrée (de combien de milliards ?).

On nous avait pourtant promis lors du vote au parlement que les engagements en question étaient purement théoriques et ne se concrétiseraient pas !

Il est à craindre au contraire que nous ayons à payer et peut-être pour d’autres pays que la Grèce. Quand les Européistes comprendront-ils que l’Euro est impossible et que l’éclatement de celui-ci est inéluctable ? Quand comprendront-ils que nous sommes face à une crise systémique qui va renverser le système ?

Quand il sera déjà trop tard pour sauver quoi que ce soit !

              




    

     



      












   

         
     




  






              

  

            























  




            
 
         









     

                  










  

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Union Pour la France

Par Christophe Bugeau
Secrétaire général





Crise : la Reprise ? Le 15/09/10