Libre et Indépendante
La France se fait actuellement tancer universellement concernant les reconduites à la frontière de citoyens roumains ou bulgares appartenant à la communauté « rom », c’est-à-dire à la communauté des gitans ou tziganes de ces pays.
Notre pays est-il encore maître de sa politique migratoire en provenance des autres pays européens ?
Ce n’est plus vraiment le cas, la mise en place de l’espace Schengen prévoit que les Etats membres doivent laisser entrer tout ressortissant d’un autre Etat pour une durée de 3 mois et que si ce dernier dispose de ressources propres (c’est-à-dire dispose d’un emploi, d’une retraite…), il peut rester définitivement.
Dans le cas des tziganes originaires de Roumanie ou de Bulgarie, le reproche fait à la France n’est pas justifié sur le fond. Nous sommes légalement en Droit de procéder à ces reconduites. Les condamnations du Pape, de l’ONU, de l’Union Européenne ou du Conseil de l’Europe sont nulles et non avenue. Elles procèdent d’une position « victimatoire » en faveur de supposées personnes en détresse.
En réalité, les « roms » ne disposent pas encore du droit de venir librement en France, la Roumanie et la Bulgarie ne rentreront dans l’espace Schengen qu’au 1 janvier 2012. Et dans ce cas, pour rester plus de 3 mois, ils devront justifier d’un emploi ce qui est très rarement le cas.
Dans le cas des populations tziganes originaires de ces 2 pays, le gouvernement a commis une faute grave : en parler ! Il aurait du faire le travail (on reconduit déjà depuis 2 ans, 8000 à 10000 personnes chaque année) et ne pas chercher à instrumentaliser ces reconduites pour se faire « mousser » !
Ces populations viennent en France car elles font l’objet de nombreuses discriminations dans les deux pays en question. Contrairement aux gitans français dont un certain nombre est resté nomade, les tziganes des pays de l’Est sont sédentaires et ne viennent en France que pour trouver une vie meilleure. Ils se retrouvent en réalité à faire la manche et à vivre dans des cartons. C’est-à-dire dans des conditions pires que celles de leur pays d’origine où ils disposaient au moins de logements.
Ce problème est avant tout celui de la Roumanie et de la Bulgarie qui doivent prendre les mesures adéquates pour aider leurs ressortissants à mieux s’intégrer dans la société et le marché du travail.
Mais il doit amener à une réflexion importante pour la suite ! Que se passera-t-il lorsque le premier janvier 2012 les « roms » de ces 2 pays qui comptent au bas mot une communauté de 500 000 personnes chacun (1 millions au total), pourront entrer librement en France ?
On peut craindre une forte pression migratoire et l’arrivée de dizaines de milliers de personnes, sans moyens véritables d’arrêter ce flux migratoire (les personnes pourront entrer librement durant 3 mois).
Ceci amène à la vraie question de fond : la France doit-elle rester au sein de l’espace Schengen ? Bien évidemment non, cette organisation qui a aboli tout contrôle aux frontières nous empêche de maîtriser les flux migratoire en provenance du reste de l’Europe ou d’étrangers présents dans un autre pays européen.
Si nous voulons vraiment limiter l’immigration, dans un pays qui comporte un énorme chômage de masse, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières et décider qui a le droit ou non de s’installer chez nous.
Par Christophe Bugeau
Secrétaire général