Libre et Indépendante
La sécheresse et les incendies de Russie ramènent au premier plan la question du blé et de la sécurisation des approvisionnements. Nous ne sommes pas encore revenus à l’ère des famines mais l’approvisionnement alimentaire redevient une préoccupation pour un certain nombre de gouvernements, avec les effets politiques potentiels qu’ils peuvent contenir.

La situation actuelle est claire : la Russie devrait produire 60 à 65 Millions de tonnes de blé cette année. Ceci est dû à la sécheresse et aux incendies énormes que ce pays connaît cet été. Or, l’année précédente, ce pays (3° exportateur mondial de blé) avait produit 97 Millions de tonnes dont 21 Millions exportées. Il n’en sera pas de même cette année, car le gouvernement russe a décidé de mettre un embargo sur les exportations.

Cette baisse drastique de la production russe (et les craintes sur d’autres productions) entraînent une forte hausse du prix du blé qui atteint les 200 $ la tonne, retrouvant ainsi son niveau de 2007 où une vraie pénurie avait failli se produire. La situation n’est pas la même qu’à l’époque car les réserves mondiales sont plus fortes et il ne devrait donc pas y avoir de rupture d’approvisionnement.

Mais les craintes reviennent : cette baisse de production entraînera forcément une baisse des réserves, et la spéculation s’en mêle entraînant cette forte hausse des prix.

Ceci n’est pas sans conséquence politique. Les pays fortement importateurs : l’Egypte, la Chine, la Grande-Bretagne … seront forcément pénalisés. Les prix du pain, et de certaines viandes (les volailles sont nourries aux grains) seront amenés à monter. Ce qui peut avoir des conséquences graves dans certains pays en développement : l’Egypte en 2007 avait connu des émeutes suite à la hausse des prix du pain.

Il ne faut donc pas paniquer mais s’interroger sur l’avenir. La planète compte déjà 7 Milliards d’habitants, elle devrait voir la population mondiale se stabiliser vers 2040-2050 à 9,5 Milliards d’individus. On ne peut parler de surpopulation générale. Mais certains états ne sont déjà plus en mesure d’assurer leur autonomie alimentaire et sont dépendants des importations. Qu’en sera-t-il demain ?

De surcroît, les terres consacrées à l’alimentation humaine voient leur surface diminuer au profit de l’élevage et désormais des cultures destinées à la production des biocarburants (éthanol notamment). Ces productions dans certains pays traditionnellement exportateurs de céréales (Etats-Unis, Brésil) prennent une place croissante qui met à mal l’approvisionnement à long terme.

Un terme désuet est en train de reprendre place : la « soudure ». Cette période qui désigne la fin de l’hiver et des réserves de l’année précédente et qui voit avec impatience l’arrivée de la nouvelle récolte.

Car ne nous faisons pas d’illusions. En cas de risque réel de pénurie, les Etats producteurs nourriront leur population en premier et les pays importateurs risquent de faire face à un réel problème. D’où la nécessité impérieuse et si souvent oubliée de l’autonomie alimentaire pour chaque Etat.
       







    

     



      












   

         
     




  






              

  

            























  




            
 
         









     

                  










  

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Union Pour la France

Par Christophe Bugeau
Secrétaire général





Nouvelle crise du Blé ? Le 11/08/10